Prix d’un site vitrine : fixer, présenter et tenir votre tarif
Le prix d’un site vitrine ne se recopie pas sur un concurrent : il se calcule. Partez de votre taux journalier (TJM), multipliez-le par les jours que demande réellement le site, ajoutez une marge pour les imprévus, puis présentez le résultat en deux ou trois forfaits à prix fixe, avec une maintenance mensuelle à côté. Ce guide s’adresse à vous qui vendez des sites, freelance ou petite agence : la méthode, un exemple chiffré à refaire avec vos propres chiffres, le contenu de chaque palier et la façon d’annoncer le prix sans le brader.
Pourquoi il n’y a pas de « bon prix » de site internet
Quand un artisan demande « combien coûte un site internet ? », il compare des choses qui n’ont rien à voir : un outil où il fait tout lui-même, un freelance qui livre en une semaine, une agence qui tient un projet sur trois mois. Votre prix ne doit pas se caler sur ces écarts, mais sur trois éléments que vous maîtrisez : ce que coûte votre journée, le temps que prend le site, et ce que le site rapporte au client.
Le piège classique du débutant consiste à afficher un prix bas pour signer le premier client, puis à ne plus pouvoir le remonter. Mieux vaut un prix juste et une offre plus petite qu’un prix sacrifié sur une offre complète.
Étape 1 : connaître votre taux journalier
Votre TJM (taux journalier moyen) est le prix d’une journée facturable. Il se déduit de ce que vous devez encaisser sur l’année, divisé par le nombre de jours que vous facturez vraiment.
- Additionnez ce que l’activité doit couvrir sur un an : votre rémunération nette visée, vos cotisations et impôts, vos frais (logiciels, hébergements, matériel, comptable, assurance).
- Estimez vos jours facturables : retirez des jours ouvrés les congés, la prospection, l’administratif, la formation et les creux entre deux projets. Ce chiffre peut être bien plus bas qu’on ne l’imagine.
- Divisez le total par ces jours : c’est votre TJM plancher. En dessous, chaque projet vous coûte de l’argent.
Le calculateur de prospection vous aide ensuite à faire le chemin inverse : combien d’entreprises contacter pour remplir ces jours facturables.
Étape 2 : chiffrer le temps réel d’un site vitrine
Listez chaque tâche, y compris celles qu’on oublie de facturer. Les durées ci-dessous sont un exemple de grille à remplir avec vos propres temps, mesurés sur vos derniers projets.
| Tâche | Ce qu’elle comprend | Exemple de durée |
|---|---|---|
| Cadrage | Rendez-vous, arborescence, collecte des contenus | 0,5 jour |
| Maquette | Page d’accueil et une page type, une série de retours | 1 jour |
| Intégration | Pages, formulaire, version mobile, bouton d’appel | 2 jours |
| Contenus | Mise en forme des textes et photos fournis | 0,5 jour |
| Référencement de base | Titres, descriptions, balisage local, vitesse | 0,5 jour |
| Mise en ligne | Domaine, hébergement, tests, formation du client | 0,5 jour |
Ajoutez ensuite une marge pour les imprévus : un client qui envoie ses photos en retard, un formulaire qui refuse de partir, un nom de domaine bloqué chez un ancien prestataire. Fixez cette réserve à partir de vos projets passés : comparez le temps estimé et le temps réellement passé sur les trois derniers, et reportez l’écart.
Forfait, régie ou prix à la valeur ?
La régie (facturer au jour passé) protège votre marge mais inquiète un commerçant, qui ne sait pas combien il paiera au final. Gardez-la pour les modifications hors forfait.
Le forfait est ce que vos clients locaux comprennent : un prix fixe pour un périmètre écrit. Il se calcule avec votre TJM et votre grille de temps, puis s’arrondit.
Le prix à la valeur part de ce que le site rapporte. Un couvreur qui signe un chantier de plus grâce à son site ne raisonne pas comme une boutique qui vend des cartes cadeaux. Vous n’avez pas besoin de chiffrer ce gain pour en tenir compte : posez la question « que vaut un nouveau client pour vous ? » pendant le rendez-vous, et positionnez votre forfait en conséquence, sans jamais descendre sous votre plancher.
Trois paliers et une maintenance mensuelle
Présentez deux ou trois forfaits plutôt qu’un seul prix. Le client choisit entre vos offres au lieu de choisir entre vous et « rien », et le palier le plus complet rend le palier du milieu plus facile à accepter.
| Palier | Contenu | Pour qui |
|---|---|---|
| Essentiel | Une page : présentation, prestations, zone d’intervention, avis, horaires, bouton d’appel, formulaire de contact | Entreprise sans site qui veut exister vite |
| Pro | Cinq pages : une page par prestation, réalisations, à propos, contact ; référencement local de base | Artisan ou commerce installé |
| Premium | Pro + prise de rendez-vous ou devis en ligne, pages par ville, rédaction des textes | Entreprise qui veut des demandes chaque semaine |
La maintenance, votre revenu récurrent
Proposez-la au moment de la signature, pas après la mise en ligne. Elle comprend typiquement l’hébergement, les mises à jour de sécurité, les sauvegardes, un temps de modifications par mois (horaires, photos, nouvelle prestation) et une réponse sous un délai écrit. Chiffrez-la comme le reste : votre TJM ramené au temps réellement passé chaque mois, plus vos coûts d’hébergement et d’outils.
Exemple chiffré avec votre TJM
Indiquez toujours si vos prix sont HT ou TTC. Si vous êtes micro-entrepreneur en franchise en base de TVA, vos devis et factures portent la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI », et votre prix HT est celui que paie le client.
Comment annoncer le prix
Le prix s’annonce après le besoin, jamais avant. Au téléphone ou en rendez-vous, faites d’abord reformuler au client ce qu’il veut obtenir (des appels, des demandes de devis, des réservations), puis présentez vos paliers du plus complet au plus simple.
Annoncer vos forfaits en rendez-vous
D’après ce que vous m’avez dit, l’objectif est d’avoir des demandes de devis directement depuis le site, sans passer par une plateforme. Je vous propose trois formules. La formule Premium à [prix] comprend [contenu], avec la prise de rendez-vous en ligne. La formule Pro à [prix] comprend [contenu]. La formule Essentiel à [prix] permet d’être en ligne en une semaine avec une seule page. Dans les trois cas, la maintenance est à [prix] par mois et comprend [contenu]. Laquelle correspond le mieux à ce que vous voulez cette année ?
- Annoncez le prix et taisez-vous. Le silence qui suit n’est pas un refus.
- Ne baissez pas le prix, retirez du contenu : « pour ce budget, on part sur l’Essentiel et on ajoute les pages plus tard ».
- Montrez une maquette de page d’accueil faite avant qu’il ne paie : le prix se discute mieux devant quelque chose de concret.
- Envoyez le devis le jour même, puis relancez avec nos modèles de mail de relance.
Éviter les dérives de périmètre
Un forfait n’est rentable que si son périmètre est écrit. Sans cela, la cinquième page devient huit, la « petite modification » devient une refonte, et votre TJM réel s’effondre.
- Nombre de pages et liste des pages, dans le devis.
- Nombre de séries de retours sur la maquette (par exemple deux), puis facturation en régie.
- Contenus fournis par le client (textes, photos, logo) avec une date limite ; la rédaction est une option chiffrée.
- Ce qui n’est pas compris : boutique en ligne, traductions, prises de vue, campagnes publicitaires.
- Toute demande nouvelle passe par un avenant ou un devis complémentaire, signé avant le travail.
Pour trouver les entreprises à qui proposer ces forfaits, commencez par les entreprises sans site internet de votre ville : sur LeadsIt, environ 1 entreprise trouvée sur 5 n’a aucun site renseigné. Le guide gagner de l’argent en créant des sites web détaille ensuite le ciblage, la maquette et les scripts d’appel, et la page pour les freelances montre comment organiser votre prospection.
Questions fréquentes
Comment calculer le prix d’un site vitrine ?
Calculez votre TJM à partir de ce que l’activité doit couvrir sur l’année et de vos jours réellement facturables, multipliez-le par le nombre de jours du projet, ajoutez une marge pour imprévus, puis arrondissez en forfait.
Faut-il afficher ses prix de site internet en ligne ?
Un prix « à partir de » pour chaque palier filtre les demandes trop éloignées de votre offre et rassure les commerçants. Le prix exact se donne dans le devis, une fois le périmètre fixé.
Doit-on facturer la maintenance à part ?
Oui. Séparez le prix de création, payé une fois, de la maintenance mensuelle, qui couvre l’hébergement, la sécurité, les sauvegardes et un temps de modifications défini par écrit.
Que faire si le client trouve le prix trop élevé ?
Proposez un palier plus simple plutôt qu’une remise. Le périmètre baisse avec le prix, et votre TJM reste intact.